Challenge Pocket Films : quand les jeunes racontent l’industrie du Grand Libournais

Et si, pour découvrir l’industrie autrement, on donnait directement la parole (et la caméra ) aux jeunes ?
À l’occasion de la Semaine de l’industrie 2025, le CIGLE , Club des Industriels du Grand Libournais, a organisé le Challenge Pocket Films Industrie, une initiative originale destinée à rapprocher les entreprises industrielles du territoire et les jeunes en formation.
Le principe ? Inviter des groupes de lycéens à pousser les portes d’une entreprise du Grand Libournais, à découvrir son fonctionnement, ses métiers et ses collaborateurs, puis à raconter cette expérience à travers un film de trois minutes maximum, entièrement pensé et réalisé par les jeunes.
Bien plus qu’un simple concours vidéo, le Challenge Pocket Films a permis de créer une véritable rencontre entre deux univers qui n’ont pas toujours suffisamment l’occasion de se connaître : celui de l’école et celui de l’entreprise.
Pendant plusieurs semaines, les participants sont devenus tour à tour enquêteurs, scénaristes, réalisateurs, cadreurs et monteurs pour proposer leur propre regard sur l’industrie du XXIᵉ siècle.
Une façon créative, concrète et immersive de faire découvrir une industrie locale parfois encore méconnue.
Découvrir l’industrie autrement
Lorsqu’on demande à des jeunes d’imaginer le monde industriel, les représentations restent parfois éloignées de la réalité.
Usines, machines, chaînes de production : ces images existent bien sûr, mais elles ne racontent qu’une toute petite partie de ce qui constitue aujourd’hui une entreprise industrielle.
Derrière chaque produit fabriqué se trouvent des dizaines de métiers, des compétences techniques et humaines, des innovations, des parcours professionnels et des femmes et des hommes qui travaillent quotidiennement à faire évoluer leur entreprise.
Le Challenge Pocket Films a justement été imaginé pour permettre aux jeunes de découvrir cette réalité par eux-mêmes.
Plutôt que de leur présenter l’industrie uniquement à travers une intervention en classe ou une documentation, le projet leur a proposé de devenir acteurs de leur découverte.
Les équipes ont ainsi été associées à une entreprise industrielle du Grand Libournais avec une mission : comprendre ce qu’elle fait, rencontrer ceux qui y travaillent et identifier un sujet capable de raconter une facette de l’industrie actuelle.
À partir de cette immersion, chaque groupe devait ensuite imaginer un film court de trois minutes maximum, tourné à l’aide d’un smartphone ou d’une tablette.
Un format volontairement accessible, laissant une grande place à la créativité.
De la découverte de l’entreprise à la réalisation d’un film
Le Challenge s’est déroulé sur plusieurs semaines afin de permettre aux élèves de construire progressivement leur projet.
La première étape consistait à découvrir l’entreprise qui leur avait été attribuée.
Après un premier travail de recherche réalisé en classe, les jeunes ont été accueillis directement sur les sites industriels.
Cette première rencontre était essentielle.
Elle leur a permis de dépasser les images qu’ils pouvaient avoir de l’industrie, de découvrir les espaces de production, d’observer les équipements utilisés et surtout d’échanger avec les professionnels.
Car le Challenge Pocket Films ne consistait pas uniquement à filmer une usine.
Il fallait trouver une histoire à raconter.
Chaque équipe a donc travaillé avec l’entreprise autour d’une thématique capable de montrer ce qu’est le travail en milieu industriel au XXIᵉ siècle.
Développement durable, économie circulaire, féminisation des métiers, innovation, robotisation, amélioration des conditions de travail, intégration des personnes en situation de handicap ou encore mise en valeur d’un savoir-faire particulier : autant de sujets permettant de montrer une industrie bien plus diverse et moderne que certaines représentations traditionnelles.
Une fois leur sujet identifié, les élèves ont travaillé sur leur scénario avant de revenir au sein de l’entreprise pour effectuer leurs prises de vue.
Caméra en main, ils ont alors dû réfléchir aux images, aux interviews, à la mise en scène et au message qu’ils souhaitaient transmettre.
Puis est venue l’étape du montage pour transformer plusieurs heures de découverte et de travail en seulement quelques minutes de vidéo.
Un véritable exercice de synthèse… et de créativité.
11 équipes, 11 entreprises et une même mission
Pour cette édition 2025, 11 équipes de jeunes issues de cinq établissements scolaires du Grand Libournais se sont engagées dans le Challenge.
En parallèle, 11 entreprises industrielles du territoire ont accepté de jouer le jeu en ouvrant leurs portes aux participants.
Cette mobilisation constitue l’une des grandes forces du projet.
Pendant quelques semaines, établissements scolaires et entreprises ont travaillé ensemble autour d’un objectif commun : montrer la richesse et la diversité de l’industrie locale.
Pour les entreprises participantes, l’exercice était lui aussi particulier.
Il ne s’agissait pas simplement de présenter leur activité mais d’accepter de la regarder à travers les yeux des jeunes.
Leurs questions, leur curiosité et parfois leur étonnement ont permis de mettre en lumière des aspects du quotidien industriel auxquels les professionnels eux-mêmes ne prêtent plus forcément attention.
Pour les jeunes, l’expérience leur a permis de découvrir des entreprises présentes à proximité de chez eux et, parfois, des métiers dont ils ignoraient totalement l’existence.
Une entreprise industrielle que l’on croise tous les jours sans savoir ce qu’elle fabrique peut soudain devenir un lieu rempli de technologies, de savoir-faire et d’opportunités professionnelles.
Mettre les jeunes en situation de faire
L’une des particularités du Challenge Pocket Films réside dans la méthode employée.
Les jeunes n’étaient pas de simples spectateurs d’une visite d’entreprise.
Ils avaient un projet à réaliser.
Pour produire leur film, ils ont dû observer, questionner, sélectionner des informations, travailler en équipe, imaginer un scénario, organiser un tournage puis défendre une vision de l’entreprise qu’ils avaient découverte.
Cette mise en situation donne une dimension particulièrement concrète à la découverte des métiers.
Elle mobilise également de nombreuses compétences qui dépassent largement la réalisation vidéo : autonomie, organisation, communication, créativité, travail collectif ou encore capacité à synthétiser des informations.
Surtout, le projet permet de changer la relation entre l'entreprise et le jeune.
Pendant le Challenge, il n’est plus seulement question d’un professionnel qui présente son métier à un élève.
Les deux parties construisent ensemble un projet.
Montrer l’industrie du XXIᵉ siècle
Le Challenge avait également pour ambition de mettre en lumière les transformations du secteur industriel.
Car l’industrie d’aujourd’hui est loin d’être figée.
Les entreprises évoluent, innovent et adaptent continuellement leurs outils, leurs métiers et leurs pratiques.
Robotisation, automatisation, numérique, transition écologique, réduction des déchets, économie circulaire, amélioration de l’ergonomie des postes ou développement de nouveaux processus de fabrication transforment progressivement les sites industriels.
Ces évolutions représentent autant de sujets que les jeunes ont pu découvrir au contact des entreprises.
Le Challenge Pocket Films permet ainsi de montrer une industrie concrète, contemporaine et ancrée dans les grands enjeux de notre époque.
Il contribue également à déconstruire certaines idées reçues qui peuvent encore éloigner les jeunes des formations et carrières industrielles.
Non, l’industrie ne regroupe pas uniquement des métiers de production.
Non, elle n’est pas exclusivement masculine.
Et non, l’usine d’aujourd’hui ne ressemble pas nécessairement à l’image que l’on peut en avoir lorsqu’on n’en a jamais franchi les portes.
Pour comprendre l’industrie, rien ne remplace finalement la rencontre avec ceux qui la font.
Des créations présentées pendant la Semaine de l’industrie
Après plusieurs semaines de préparation, de rencontres et de tournages, les différentes équipes ont pu présenter leurs réalisations à l’occasion de la Semaine de l’industrie 2025.
Onze projets, onze regards et onze façons différentes de raconter les entreprises industrielles du territoire.
Parmi les équipes engagées, sept ont été récompensées par le jury pour la qualité de leur travail, leur créativité et leur capacité à mettre en valeur les entreprises et les enjeux industriels qu’elles avaient choisi de présenter.
Parmi elles, les élèves de l’ensemble scolaire Jeanne d’Arc de Saint-Médard-de-Guizières, accueillis par Abzac, se sont notamment distingués avec leur réalisation.
Leur immersion leur avait permis de découvrir les différentes étapes de fabrication des fûts en carton ainsi que les enjeux liés à l’économie circulaire et au développement durable. Une découverte qu’ils ont ensuite transformée en projet vidéo pour raconter l’entreprise avec leur propre regard.
Au-delà du classement, la réussite du Challenge réside toutefois dans l’ensemble des rencontres créées pendant plusieurs semaines.
Chaque film est devenu le résultat d’un travail collectif entre des élèves, des enseignants et des professionnels qui ont accepté de partager leur quotidien.
Créer des passerelles entre l’école et l’entreprise
Le rapprochement entre les jeunes et les entreprises constitue aujourd’hui un enjeu majeur pour l’industrie.
De nombreux industriels rencontrent des difficultés à recruter sur certains métiers alors même que des jeunes vivant à proximité connaissent peu les opportunités professionnelles qui existent sur leur territoire.
Créer des passerelles devient donc essentiel.
Les visites d’entreprises, les rencontres avec les salariés, les stages ou les interventions dans les établissements constituent autant de moyens de faire découvrir ces possibilités.
Le Challenge Pocket Films va encore plus loin en créant une relation dans la durée.
Les participants ne passent pas simplement quelques heures dans l’entreprise : ils prennent le temps de la comprendre, reviennent pour y tourner leur film et travaillent directement avec ses équipes.
Cette proximité peut permettre à certains de découvrir un métier auquel ils n’avaient jamais pensé.
Elle peut aussi simplement éveiller une curiosité.
Et c’est déjà beaucoup.
L’objectif n’est pas que chaque jeune participant décide immédiatement de travailler dans l’industrie, mais que chacun puisse construire son orientation en connaissant réellement les possibilités qui s’offrent à lui.
Valoriser les entreprises et les savoir-faire du Grand Libournais
Le Challenge Pocket Films permet également de répondre à une autre ambition portée par le CIGLE : mieux faire connaître les industries du Grand Libournais.
Le territoire accueille de nombreuses entreprises et une grande diversité de savoir-faire.
Certaines sont connues du grand public. D’autres beaucoup moins.
Pourtant, elles participent toutes à la vitalité économique du territoire, emploient des salariés, accueillent des stagiaires et des alternants et développent quotidiennement de nouvelles compétences.
En confiant aux jeunes la mission de raconter ces entreprises, le Challenge offre une autre manière de les mettre en lumière.
Les films produits ne présentent pas l’industrie à travers un discours institutionnel : ils la montrent à travers le regard de ceux qui la découvrent.
Et c’est précisément ce qui fait leur intérêt.
Faire découvrir aujourd’hui les métiers de demain
À travers le Challenge Pocket Films, le CIGLE poursuit l’un des objectifs essentiels de son action : rapprocher les industriels du territoire de celles et ceux qui pourraient, demain, rejoindre leurs entreprises.
Faire découvrir l’industrie ne signifie pas seulement présenter des métiers.
Cela signifie ouvrir les portes des entreprises, provoquer des rencontres, permettre aux jeunes de poser leurs questions et leur montrer concrètement ce qui se passe derrière les murs des sites industriels qu’ils côtoient parfois quotidiennement.
Le Challenge Pocket Films 2025 a permis de créer cette rencontre de manière ludique et créative.
11 équipes, 11 entreprises, des dizaines de jeunes et de professionnels mobilisés, et autant d’occasions de porter un nouveau regard sur l’industrie du Grand Libournais.
Une initiative qui illustre pleinement la raison d’être du CIGLE : créer des liens entre les industriels, le territoire et ses habitants, valoriser les savoir-faire locaux et contribuer collectivement à préparer l’industrie de demain.
Pour découvrir les films réalisés : https://www.youtube.com/shorts/EwoK3_54laI



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